Monday, Sep 14

Mark Carney défend-il réellement le français? La question de la loi 96 mérite d'être posé

Et il y a une autre question qui mérite d'être posée : pourquoi entend-on si peu parler de la loi 96 dans cette histoire?

Depuis l'échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, Mark Carney affirme que la protection du français et de la culture québécoise constitue une ligne rouge pour son gouvernement. Il affirme que le Canada ne pouvait accepter un accord qui aurait affaibli les protections du français.

Très bien.

Mais alors, pourquoi ne parle-t-on pas davantage de la position de Mark Carney concernant la loi 96?

En mars 2025, Carney disait soutenir les objectifs de la loi 96, mais il s'opposait à l'utilisation de la clause dérogatoire pour la protéger. Il avait également indiqué que si la loi était contestée devant la Cour suprême du Canada, son gouvernement fédéral interviendrait dans le dossier.

C'est là que je me pose des questions.

Comment peut-on affirmer être un grand défenseur du français au Québec tout en étant opposé au recours à la clause dérogatoire, alors que celle-ci constitue justement un des outils utilisés par le Québec pour protéger certaines de ses lois contre une contestation fondée sur la Charte?

Il faut évidemment faire une distinction : être opposé à la clause dérogatoire ne signifie pas nécessairement être opposé à la protection du français. Mais pour le citoyen ordinaire, il est parfaitement légitime de demander à Mark Carney d'expliquer clairement cette position.

Parce qu'aujourd'hui, le discours est différent.

Lorsque les négociations avec Washington ont éclaté, Carney a insisté avec force sur la nécessité de protéger le français. Il affirme maintenant que les règles québécoises concernant le français ne sont pas de simples irritants commerciaux, mais des droits fondamentaux.

Alors pourquoi cette question n'est-elle pas davantage soulevée?

Pourquoi les médias parlent-ils abondamment de Donald Trump, de ses déclarations et de son prétendu rapport avec le français, mais beaucoup moins des positions antérieures de Mark Carney sur la loi 96 et la clause dérogatoire?

C'est précisément ce genre de contradiction apparente qu'un média devrait examiner.

Pas pour défendre Trump.

Pas pour défendre Carney.

Mais pour informer les citoyens.

Si Mark Carney a changé de position, qu'il l'explique.

S'il n'a pas changé de position, qu'il explique comment il concilie son opposition à la clause dérogatoire avec son discours actuel sur la défense absolue du français.

Et si les médias considèrent que cette contradiction n'existe pas, qu'ils nous expliquent pourquoi.

Parce que lorsqu'un politicien affirme aujourd'hui que le français est une priorité absolue, mais qu'il a hier adopté une position beaucoup plus nuancée concernant les mécanismes juridiques permettant au Québec de protéger cette langue, la moindre des choses est de poser la question.

C'est ça, le rôle du journalisme.

Pas simplement répéter le discours politique du jour.

Poser les questions qui dérangent, vérifier les déclarations antérieures et permettre au citoyen de se faire sa propre opinion.

Et c'est précisément pourquoi, lorsqu'on accuse certains médias de faire de la « fake news », il ne faut pas simplement répondre que c'est faux.

Parce que parfois, la question la plus importante n'est pas : « Est-ce que ce que les médias disent est faux? »

C'est : « Qu'est-ce qu'ils ont oublié de nous dire? »

Image

PopVetdettes est un magazine entièrement dédié au monde des Stars. Ici, vous pouvez recevoir rapidement les dernières nouvelles des Stars du monde entier.

Populaire